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Le phénomène des enfants de la rue à Kinshasa

Publié par batum le mars 19, 2009

Kinshasa : enfants de la rue Ils seraient la principale cause de l’insécurité dans la ville de Kinshasa. Ils sont le produit de la défaillance de l’État ou de la politique familiale, quand ce ne sont que des produits de la guerre civile qui endeuille, d’une façon cyclique, la RD Congo. Cela fait des années que les ONG des droits de l’homme et de l’enfant montent au créneau pour fustiger l’apathie de l’autorité à l’égard de ces enfants. Sans un résultat palpable. Filles et garçons confondus, ils sont des dizaines de milliers d’enfants de la rue à Kinshasa. Depuis que le phénomène existe, les premières générations d’enfants de la rue se sont mises à procréer, à leur tour. Leur âge oscille entre 4 et 18 ans. Les enfants de la rue est une des plaies de la dictature mobutiste dont a hérité l’actuel président Joseph Kabila. Tout le long de son règne, le régime Mobutu ne s’est pas donné les moyens d’installer une politique familiale digne de ce nom, moins encore des structures appropriées pour sa jeunesse en terme d’éducation et d’avenir.

Une aubaine financière
Les enfants de la rue, sont la preuve de l’existence des oubliés de la politique sociale mobutiste sur toute l’étendue de la république. En effet, la présence de ces marginaux sociaux ne se limite pas à la seule ville de Kinshasa. Elle s’enregistre dans certaines grandes villes de la RD Congo frappées par la pauvreté. La ville de  Kinshasa en détient la palme d’or, pour autant qu’elle est la plus visible et la plus remuante. Les "shégués" ont des histoires qui se ressemblent. Nombre d’entre eux sont la traduction de l’échec scolaire, des familles à problèmes, de la défaillance des parents et de l’État ou du poids des traditions. En effet, d’aucuns sont issus d’unions libres ou de couples divorcés. Ils se retrouvent dans la rue parce qu’ils sont rejetés par leurs familles qui les accusent de sorcellerie. Il arrive que le public assiste à des scènes banales dans des quartiers de la ville de Kinshasa, où ont lieu des séances susceptibles de désensorceller des enfants accusés d’être hantés par des mauvais esprits. Des émissions de télévision vont jusqu’à faire l’apologie de la sorcellerie. Engagés dans des sectes, les propriétaires de ces chaînes ont trouvé en ce phénomène une aubaine financière.

Acteurs, complices et victimes
Les "Shégués" mènent un quotidien dur caractérisé par leur exposition permanente aux intempéries et à toutes formes d’actes délictueux. Vie misérable indescriptible que celle de ces jeunes gens qu’on croise, de jour comme de nuit, dans des épaves de voitures, le long du boulevard du 30 juin, au niveau du Rond Point de la Victoire, à proximité des feux de signalisation, sur les grandes artères de la ville, dans des constructions inachevées devant des bureaux officiels et dans les marchés. Ils se suffisent du vol à la tire, de la fouille des poubelles et de la mendicité. Nombre d’entre eux sont victimes des viols (des jeunes filles vulnérables exploitées par les adultes du même milieu ou des éléments venus de l’extérieur); ils s’adonnent à la prostitution (phraseurs ou phraseuses) et sont à la merci des maladies infectieuses et sexuellement transmissibles. Dans cette jungle qui ne dit pas son nom, ils n’ont accès ni à l’eau potable ni à l’électricité. Dans leur oisiveté permanente, ils s’adonnent au tabac, fument de l’herbe, consomment la drogue dure et restent la cible d’agressions entre groupes rivaux. Les plus optimistes s’adonnent aux travaux ménagers (faire la vaisselle, s’occuper de la lessive et des courses), en échange de quelques sous pour se nourrir. Ceux qui le peuvent pratiquent le commerce ambulant, cirent les souliers des passants ou font la garde des voitures stationnées devant des parkings.

Quand le politique s’en mêle
C’est, habilement, dans cette brèche que s’est engouffré l’homme politique et avant lui, le monde des sectes. Le politique a calculé les bénéfices que pouvait apporter le phénomène "Shégués", allant jusqu’à l’utiliser comme bouclier humain aux fins de perturber n’importe quelle manifestation de masse. On l’a vu à l’occasion des manifestations politiques dont a été le centre la ville de Kinshasa, en septembre 2006, en novembre 2006. D’enfants de la rue, ils sont passés au statut de militants ou jeunes soldats des rues fidèles à un candidat à la présidence de la RDCongo. Ces enfants étaient en première ligne aux dernières élections pour la distribution des t-shirts ou de l’affichage des calicots des hommes politiques. On leur a confié des missions délicates allant jusqu’à la filature des adversaires ou des concurrents politiques. Corvéables et serviables à souhait, ils ont servi d’éléments perturbateurs qui ont occasionné des échauffourées avec les forces de l’ordre ou accompli des actes de vandalisme tel le jet de projectiles.

Une haute autorité de la jeunesse
Certes, ils vivent dans l’anarchie accélérée par la délinquance juvénile, mais cet état est aggravé par leur déficit en formation intellectuelle et/ou professionnelle consécutive au manque d’encadrement. L’État leur ayant tourné le dos, les "shégués" trouvent réconfort auprès de quelques actions d’institutions caritatives confessionnelles ou privées. Or donc, ces actions ne sont pas suffisantes. Il arrive que certaines associations et ONG se servent de ces enfants pour rechercher des financements auprès des institutions extérieures. Les autorités de Kinshasa se contentent de les rafler, en se basant sur une loi datant de l’époque coloniale, qui interdit aux enfants de mendier. Toutes les tentatives en mesure d’anéantir le phénomène ont chaque fois échoué. Après chaque opération de ratissage, la ville n’arrive toujours pas à les faire oublier, tant et si bien que le problème n’est pas traité à la racine. En 1983, un certain père Frank Roelants de la congrégation de Verbe divin créa l’ « Oeuvre de reclassement et protection des enfants de la rue » (Orper) à Limete. Le père Frank n’est plus de ce monde, tandis que son œuvre continue, par le biais de quelques maisons d’accueil. A l’instar d’autres institutions engagées dans l’encadrement de l’enfance en perdition (Pam, Unicef, Crs, Société Orgaman), Orper ne bénéficie pas de l’appui étatique. La solution, à long terme, à cette situation réside dans une série de mesures urgentes, à savoir: la mise sur pied d’un programme social en faveur des enfants de la rue qui permette de les protéger et d’assurer leur intégration au sein de la société professionnelle; une complète réhabilitation des infrastructures adéquates au profit de tous les jeunes; une mise en place en bonne et due forme d’un tribunal pour enfants en conflit avec la loi; une identification des enfants dits « Shégués » et leurs familles respectives pour d’éventuelles réconciliations. Ces mesures devront être précédées d’une consultation nationale impliquant l’autorité politique urbaine, les éducateurs sociaux, les représentants des parents et toutes les asbl confessionnelles ou non. Un monde intéressé à la question et prêt à arrêter un calendrier de travail comprenant des actions à mener sous la haute autorité d’une instance de la jeunesse à créer.

Cikuru Batumike

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3 Réponses à “Le phénomène des enfants de la rue à Kinshasa”

  1. Natacha Maheshe a dit

    je pense que l’on devrait réguler toutes ces églises qui poussent comme des champignons dont les pasteurs accusent les enfants de sorcellerie. l’État devrait mettre en place un système de récupération par les services sociaux des enfants maltraités et et punir les parents qui ont abandonné leurs enfants

  2. l’État congolais doit mettre en place une politique adaptée pour evacuer ce phénomène

  3. l’État congolais a une part de responsabilité suite à ces phénomènes dangereux qui peuvent ruiner davantage le pays d’où une nécessité pour le gouvernement un prise d’une politique adaptée pour éradiquer ces phénomènes

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