Femmes du Congo-Kinshasa : défis, acquis et visibilité de genre
Posté par batum le mai 26, 2009
Vient de paraître aux éditions l’Harmattan/Paris
Femmes du Congo-Kinshasa : défis, acquis et visibilité de genre de Cikuru Batumike

livre disponible dans les librairies
Extrait : “Au fil du temps, un concept identitaire s’est mis en place : la femme congolaise prend de plus en plus conscience de son identité longtemps -et sciemment omnibulée par une volonté dominante et possessive- mâle. Elle s’est mise à parler pour soumettre ses aspirations de vie. Elle s’est mise à contester l’autorité du mâle et donner un sens à sa vie. De la soumission à la prise en main de son destin, le chemin parcouru reste long. Tout n’a pas été entrepris pour que la femme congolaise jouisse d’une grande considération quant au rôle qu’elle est censée jouer dans la société. Des acquis existent. Des défis, en grande partie, susceptibles d’en finir avec les discours, les promesses, les résolutions, les professions de foi et de poser des actes concrets en terme psychologique (adopter d’autres mentalités qui mettent la femme en confiance); culturel (en finir avec la chosification de la femme et se défaire du poids de certaines traditions qui l’amoindrissent dans sa personnalité); social (garantir l’instruction et l’accès de la femme aux postes de prise de position) ou juridique (actualiser les codes de la famille et du travail). Certes, des synergies ont vu ou voient le jour, oeuvres de quelques organisations féminines de la société civile. Mais, elles souffrent de l’absence d’une dynamique continuelle d’action, de l’absence de lobbying féminin ou de l’accompagnement de médias, d’un manque de collaboration ou d’entente entre les femmes, chacune voulant tirer la couverture de son côté.” (Prise de conscience tardive ?, p.9)
Extrait : “L’éveil des femmes congolaises à la chose politique n’a pas suffit à rallier les troupes et à combler leur retard sur la scène en terme quantitatif. Certes, leurs nominations aux postes de responsabilités ont eu lieu, dans le passé. Mais, celles-ci ont toujours péché par leur côté alibi. Les années Mobutu avaient habitué les Congolais au règne de l’ethnicisme en lieu et place du choix des compétences avérées. Des femmes étaient nommées aux “modestes” postes politiques par le biais de la cooptation, un mode de désignation aussi machiste que tribal. La méritocratie n’était pas la règle de jeu dans ce passage d’une chaise politique à l’autre où il fallait prouver ou une bonne relation ou une appartenance à une famille proche du pouvoir. Les femmes élues par ce système étaient sous-évaluées quand elles n’étaient pas perçues, par l’opinion publique, comme n’ayant aucun mérite politique. En 2008, rien n’avait changé : leur représentativité dans les rouages de la vie politique demeurait en deçà de la norme internationale si l’on se réfère au non-respect des dispositions du sommet de Beijing ou de la résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies qui exige que “la femme soit représentée en raison de 30% dans les institutions dirigeantes du pays” (Nominations à l’ancienne, P. 25)
Au sommaire :
Introduction : prise de conscience tardive ?
Chapitre I : Visibilité dans l’espace politique et les entités civiles : Rôle visible pour première dame; Champ politique : la difficile visibilité ; Société civile ou démocratie participative; Quand la femme dit le droit.
Chapitre II : Visibilité dans l’espace artistique et culturel : 1. Beaux-Arts, Danse, Théâtre, Musique et Lettres ; Femmes congolaises et médias : le petit pas.
Chapitre III : Visibilité dans l’espace économique : 1. Du formel et de l’informel ; 2. Des décideurs non visibles ; 3. Circonstances de visibilité en milieu rural.
Chapitre IV : Visibilité et question de traditions : 1. Famille nombreuse : facteur de culpabilité ou empêchement à la visibilité de la femme ? ; 2. Pagne ou pantalon : une visibilité controversée ; 3. Prêcher pour rompre la chaîne du silence ?
Postface : Dessine-moi une femme congolaise. Bibliographie.
Femmes du Congo-Kinshasa. Défis, acquis et visibilité de genre. Collection : études africaines. Mai 2009. Editions L’Harmattan, Paris. 100 pages. Le livre est disponible dans toutes les bonnes librairies; en Suisse, France, Belgique, Canada, Italie, Hongrie et dans les librairie des éd. l’Harmattan en Afrique (Burkina-Faso, Kinshasa,Guinée, Côte d’Ivoire, Mauritanie et Cameroun).
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